Rouler seul ou en groupe ?

Rouler seul ou en groupe peut parfois tourner au dilemme car les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Tout dépend de votre personnalité et de vos objectifs. Si vous pensez comme Sartre que "L'enfer, c'est les autres", vous aurez du mal avec l'idée du peloton, mais si au contraire vous souffrez de la solitude tel Robinson Crusoé, alors ne restez pas seul. Et si la solution était d'alterner entre les deux formules ?

Qui est "le groupe" ?

Un groupe, ça commence à deux ! Et, à partir de deux personnes, il faut faire des concessions pour arriver à un accord.

Pour former un groupe de cyclistes, il faut un minimum d'homogénéité pour que l'expédition ait un sens. Ensuite, avant d'aborder le volet sportif, il faut considérer votre personnalité. Êtes-vous du genre à vous plier à l'opinion générale ou êtes-vous plutôt dominant ? Êtes-vous conciliant ou bien votre détermination l'emporte sur toute autre considération ?

La psychologie a son importance et si vous supportez mal de vous adapter à la décision collégiale, vous risquez de gâcher votre sortie.

En revanche, si vous êtes plus souple, que vous aimez la médiation ou que vous appréciez que l'on prenne les décisions pour vous, le groupe propose un confort idéal.

Les membres du groupe doivent également partager le même état d'esprit, notamment concernant le comportement et le respect des autres.

Un point sur le code de la route

À chaque printemps, nous voyons des groupes de cyclistes fleurir sur nos routes de campagnes et le partage avec les autres véhicules ne se fait pas toujours dans les meilleures conditions.

Il faut considérer la question de la sécurité et la question du civisme. Sur des routes étroites, certains groupes prennent des risques dont ils n'ont apparemment pas conscience. En roulant de front, il arrive que des voitures les découvrent après un virage et, même si le 80 km/heure est de rigueur maintenant, le freinage est parfois brutal et dangereux.

 D'autre part, sur les routes étroites et sinueuses, les cyclistes roulant à deux ou trois de front bloquent parfois des voitures qui ne peuvent les doubler sans visibilité. Mettez-vous une seconde à la place de l'automobiliste...

Ce que dit le code de la route

Les cyclistes sont autorisés à rouler de front, mais doivent repasser en file indienne lorsqu'un véhicule motorisé arrive derrière et montre son intention de les doubler.

Il est interdit de rouler de front à la tombée de la nuit ou par manque de visibilité.

Autant dire qu'il est plus que déconseillé de rouler front à moins de choisir des routes vraiment désertes. Il est difficile d'entendre les voitures arriver, d'autant qu'elles sont de plus en plus silencieuses, surtout avec le développement des véhicules électriques.

Avant la sortie

Une sortie se prépare et déjà les complications peuvent apparaître : où va-t-on, quand part-on et quels sont nos objectifs ? Le premier avantage de rouler en solo consiste à décider de tout !

Vous êtes matinal et, dès l'aube, vous frétillez à l'idée d'enfourcher votre vélo, il va vous être difficile de convaincre le groupe. Et puis il y a l'épineuse question du parcours : quel degré de difficulté choisir, quel environnement, quel rythme, pauses ou pas pauses…

En solo, vous êtes le seul maître à bord, mais en groupe, vous devez accepter de retourner dans des endroits que vous connaissez déjà, ou au contraire de vous priver d'un nouveau tracé que vous voudriez emprunter.

Ensuite, pendant la sortie, il va falloir attendre les retardataires, subir ceux qui veulent des pauses trop souvent, ou au contraire les intégristes qui ne veulent jamais s'arrêter.

Et puis, si vous n'aimez rien planifier du tout et adapter votre itinéraire à mesure que vous déroulez le bitume ou la trace, vous aurez du mal à vous plier au groupe.

L'émulation du groupe pour repousser les limites !

Vous devez vous interroger sur votre motivation. En roulant seul, vous vous concentrez sur vos objectifs, mais serez-vous capable de les dépasser ? Certaines personnes se révèlent au milieu d'un groupe, l'émulation les métamorphose et leurs progrès sont spectaculaires. Qui ne s’est pas surpris à prendre une roue et à assumer un rythme bien supérieur à ce qu’il pensait être « sa mesure » ?. Si vous êtes de ceux-là, préférez le groupe.

Si au contraire, la pression de groupe vous pèse, voire vous paralyse, préférez rouler en solo, peut-être en duo ou en trio, mais pas plus.

Si vous souhaitez vous fixer des objectifs très précis, vous les évaluerez mieux en sortant seul. Il est toujours plus facile de se concentrer seul. Au sein du groupe, vous aurez toujours des distractions et des demandes des uns et des autres qui vous empêcheront d'atteindre vos objectifs.

L'émulation du groupe, c'est aussi les encouragements des autres si votre motivation est à la baisse. Là où seul, vous auriez sans doute abandonné, vous allez vous dépasser, ragaillardi par le soutien des autres. En rentrant chez vous, vous serez fier d'avoir dépassé vos limites.

Et si c'est vous qui entraînez les autres dans votre sillage, vous aurez la satisfaction d'avoir mené vos troupes au-delà de leurs propres espérances.

Ne négligez pas non plus le côté convivial à rouler en groupe… si vous êtes un être social ! Là encore, tout est question de personnalité, certains rejoignent un groupe pour se dépasser, d'autres davantage pour le bon temps …. Quand on roule en paquet, on a parfois l’impression de ne pas voir les kilomètres défiler.  Choisissez bien le groupe que vous intégrez pour côtoyer des sportifs qui partagent votre vision de l'entraînement.

Casser la routine

L'inconvénient d'être seul est de manquer de recul et de vous engoncer dans une routine, certes confortable, mais qui peut manquer de piquant et faire stagner vos résultats.

En vous joignant à d'autres, vous sortez de votre zone de confort. Vous découvrez de nouveaux tracés, vous échangez vos astuces de terrain, des conseils matériels…

L'esprit de compétition

L'esprit de compétition est inné chez certains, acquis chez d'autres et inconnu pour les derniers. Si vous en êtes totalement dénué, le groupe n'influencera pas vos performances, mais vous pourrez toujours goûter la compagnie des autres.

Si l'esprit de compétition aiguise vos ardeurs, alors le groupe est fait pour vous et vous optimisez vos résultats.

Les performances techniques en peloton

En roulant en groupe, vous profitez de l’abri des autres et économisez entre 20 et 30 % d'énergie.

Mais attention, cela ne va pas sans effort ! Lorsque vous sortez de l'abri confortable du groupe pour passer en tête du groupe, vous vous retrouvez soudainement face au vent, probablement plus vite que vous ne roulez d'habitude seul et vous voilà responsable de la dynamique du groupe.

Relever ce défi implique d'accepter un certain inconfort provisoire et vous allez puiser dans vos ressources pour vous dépasser.

Les performances d'un groupe équilibré sont supérieures à celles d'un individu seul. Si vous roulez seul, vous affrontez seul le vent et les reliefs de la route. Vos performances seront sans doute moins spectaculaires, mais tout aussi méritées.

Et si vous pratiquiez les deux formules ?

Privilégiez les sorties solos pour vous concentrer sur des objectifs précis, sur votre remise en jambes si vous n'avez pas roulé au plus fort de l'hiver, sur des essais matériels…

Alternez avec des sorties en groupe qui vous font sortir de votre zone de confort et vous font passer des journées conviviales.

Quel que soit votre choix, Il n'est qu'une seule consigne qui vaille : vous faire plaisir !

 


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